samedi 4 juin 2011

Une bien belle histoire - Les Nouvelle de Tahiti du 03/06/2011

“Neuf avril 2011, course Polynésie 1ère, deux équipes de rameurs qui se découvrent et s’associent le jour de la course pour en découdre contre une bande d’affamés d’efforts intenses. On s’en sort bien malgré un passage “sur le toit”. Fin de la course, toujours le même discours, “plus jamais !” et une heure après, le coach lance “si on faisait la Tahiti Nui Va’a ensemble”, des regards, des doutes mais au final “OK, bingo”.
S’en suivent des heures d’entraînement, V1, V6, V12, avec un pneu (sont fous ces Polynésiens !), sur des rythmes de dingues, des retournements pour “au cas où”, des exercices jusqu’à la nuit à s’entraîner aux phases de changement d’équipages. Et toujours Gaby qui nous guide avec ses “on rame comme des voleurs, sans bruit / le crochet / on va au fond / tendus tes bras / rame droite / tire pas sur tes bras / ensemble / synchro les gars / allez les jeunes…”.
Au-delà de ce travail de forçat, il nous faut trouver le budget car pour trois jours de course, un bateau, les inscriptions, la logistique il nous faut 280 000 Fcfp et on part de… rien.
Chasse au partenariat, aux lots pour une tombola puis création de maillots : Papeete Hoe, notre club.
Ce fut long, pénible dans une période peu propice au mécénat mais première victoire, deux semaines avant le départ, le budget est bouclé. Merci à tous (…).
Et qui j’oublie ? l’essentiel. Nous n’avons pas de pirogue digne de ce nom pour la course. Merci à la base aérienne de Faa’a qui nous prête son “avion de chasse” qui s’est déjà illustré sur d’autres courses.
Pendant ce temps-là, on rame, on rame, la pression monte, la mayonnaise commence à monter entre nous, on se découvre dans nos différences, des petits coups de gueule, les visages fermés font place aux sourires, les prénoms fusent : 2e victoire.
C’est déjà fabuleux car sans un sou, pas de pirogue, de jeunes rameurs et des popa'a peu habitués à ces joutes polynésiennes mais encadrés par les anciens, nous sommes présents le jeudi à la pointe Vénus avec la boule au ventre : 3e victoire.
La course, plutôt, ce marathon de dingues est lancé, nous sommes partis pour trois jours de folie au milieu des vagues, à puiser en nous, à s’accrocher comme des crève-la-faim, on ne lâchera pas. Les autres sont loin devant, ils font leur course, nous, on fait la nôtre. Trois étapes et trois fois 39e sur 39 mais nous sommes toujours là, l’équipe est soudée derrière Gaby qui nous conseille et nous motive. Et cette 2e étape, au milieu des maoti, l’enfer, jamais avalé autant d’eau de mer, on écope, on tire sur les rames, les visages se creusent, vivement le changement ! On l’aime bien ce bruit de moteur qui s’emballe annonçant le changement.
Le groupe se soude de plus en plus, on galère ensemble, une équipe est née.
Que dire aussi de l’accueil aux villages étapes de Vairao, de Tautira, formidables ces Polynésiens, aux petits soins pour nous, on mange super bien, les accolades, les petites phrases d’encouragement, un seul mot : merci.
Après la balade entre Tautira et la pointe Vénus, enfin ce phare que l’on devine au loin, la fatigue s’accumule mais rien n’y fait, on sent “l’écurie” et la fatigue n’existe plus, la pirogue surfe bien, emmenée par nos peperu parfois bien jeunes (16 ans pour Bastien).
Dernier changement avant l’arrivée pour laisser les “vieux” et les popaa profiter de ce moment inoubliable avec les applaudissements (eh oui les médias, on a fait le même parcours que les champions et pensez bien que sans les petits, il n’y aurait pas de gros ni de course, à méditer), les photos, les félicitations, une récompense inespérée accordée par le comité organisateur et pour nous, la joie d’avoir fini ensemble : notre victoire.
Sans personnage, pas d’histoire et une page de l’histoire de Papeete Hoe aura été écrite par la bande à Gaby 2011. (…)”


Janick  

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